Programme transitionnel de démobilisation et réintégration
Mali
Mali
 
Dossier pays :

Avec un territoire peu peuplé et généralement aride, le Mali possède une économie très peu diversifiée exposée à plusieurs facteurs d’instabilité. La vulnérabilité face à la fluctuation du prix des marchandises et aux conséquences du changement climatique, associée à un taux de croissance démographique parmi les plus élevés au monde, a favorisé l'insécurité alimentaire, la pauvreté et l'instabilité. La prestation de services sur l’ensemble d’un territoire vaste et peu peuplé est confrontée à plusieurs obstacles, ce qui a un impact néfaste sur l'équité géographique et la cohésion sociale d’une population malienne de 15 millions de personnes. Seulement dix pourcent de la population vit dans les trois régions du Nord, Gao, Kidal et Tombouctou, ce qui représente les deux-tiers du territoire du pays, et contribuent au PIB du pays avant la crise à hauteur de 9,5 %.

Après 18 mois d'une transition politique délicate, le Mali a tenu, l’été 2013, sa première élection présidentielle depuis le coup d‘état de 2012. Ibrahim Boubacar Keïta, connu sous le diminutif IBK, a remporté une victoire écrasante dans cette élection avec le soutien ferme de la communauté internationale. Compte tenu des difficultés politiques, logistiques et sécuritaires dont le pays fait l'objet, l'élection présidentielle du 28 juillet est considérée comme un grand succès à quasiment tous les égards. Avec l’accession au pouvoir de Keïta, les efforts pour résoudre la crise complexe à laquelle fait face le Mali entrent dans une nouvelle phase qui sera décisive en termes de consolidation de la sécurité et des avancées politiques de ces derniers mois. Avant l’élection, un accord de paix préliminaire a été signé le 18 juin à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Les nouvelles autorités sont totalement conscientes du besoin urgent de s’attaquer à l'épineuse question de la sécurité dans le Nord du pays. Le Gouvernement Keïta prévoit d’organiser une conférence nationale sur le Nord du Mali, prélude à des négociations en vue d’un accord global final, et de jeter les bases du dialogue et de la réconciliation. Afin de prendre en compte la totalité de la dimension sécuritaire, le Gouvernement malien, avec l'appui des partenaires extérieurs, devra également entreprendre la réforme des secteurs de la défense et de la sécurité, ainsi que le développement de la coopération régionale. Ce dialogue ouvert à tous explorera également des modalités d’amélioration de la gouvernance administrative économique et politique ; le retour et la réinstallation des réfugiés et des déplacés internes ; et la protection et la promotion des droits de l'homme, de la justice et de la réconciliation.

La crise a aggravé la perspective de développement humain. Elle a causé le déplacement d’une grande partie de la population des provinces du Nord vers les pays voisins (plus de 265 000 personnes) et le Sud (plus de 200 000 personnes), plus de 35 000 étudiants vers les provinces du Sud, surchargeant ainsi les services sociaux de la région. Le nombre total de personnes déplacées par le conflit est équivalent à environ un tiers de la population des trois provinces du Nord de Tombouctou, Gao et Kidal. La production agricole au Nord a été touchée par la perturbation des activités de culture et d'élevage, des circuits de commercialisation, des intrants et des financements. Dans le même temps, le déplacement a causé une pression accrue sur des infrastructures déjà stressées et sur les activités de subsistance des communautés d'accueil. Les réseaux de fourniture en eau des trois provinces du Nord connaissent à présent une instabilité par manque de carburant, d'électricité, de pièces détachées, de produits chimiques de traitement de l'eau et de personnel. Dans les zones rurales, les systèmes d'approvisionnement en eau ont été vandalisés, et les panneaux solaires et pompes volés. Les écoles ont également été endommagées, pillées et occupées, causant des pertes en matériel et mobilier. Certains actifs de réseaux de téléphonie mobile ont été détruits, et des équipes techniques ont été retirées. Les transports et les lieux d'échanges commerciaux ont également été touchés, une grande partie de l'équipement et des véhicules utilisés par les douanes pour faciliter les mouvements le long des principaux couloirs de transit ayant été volée ou vandalisée.  

En lien avec une amélioration de l’environnement politique et sécuritaire, le redressement économique est en bonne voie. Les sources traditionnelles de vulnérabilité (changement climatique, fluctuation du prix des marchandises) demeurent latentes. La situation sécuritaire au Mali et dans la région demeure fragile malgré de récentes avancées. De plus, l’expérience passée a montré une capacité d’absorption relativement limitée pour le pays.

 

Les activités du TDRP

Les activités du TDRP au Mali sont axées sur la gestion des connaissances. Le TDRP a fourni un soutien à l’équipe de la Banque mondiale travaillant sur l'étude Pressions dans la région du Sahel : une analyse de la vulnérabilité aux risques. L’étude comprend quatre sous-rapports résultant d'une collaboration entre un think tank malien, l'Observatoire Sahélo-saharien de Géopolitique et Stratégie (OSGS) et l’équipe d’experts de la BM / TDRP.

  • Première étude (SS1) : Analyse des pressions aggravées et des sources de résilience dans la région du Sahel – cette étude fournit une analyse à jour de la compréhension partagée au niveau international des principales pressions immédiates et à long terme pesant sur la région du Sahel.
  • Deuxième étude (SS2) : Analyse sociale – cette étude détaille la compréhension des dynamiques sociales et des moyens de renforcer la résilience, notamment communautaire.
  • Troisième étude (SS3) : Analyse spatiale des infrastructures – cette étude propose une analyse spatiale des investissements dans les infrastructures dans le Nord du Mali. Il s’agit d'évaluer la mesure dans laquelle ce type d’investissement a su répondre aux besoins de fourniture de services et de développement économique, et d’identifier l’importance des retards d’infrastructure dans la région.
  • Quatrième étude (SS4) : Revue opérationnelle des stratégies et portefeuilles de la Banque mondiale (2000-2013) – cette étude évalue le portefeuille et les stratégies de la BM pour la période 2000-2013 et identifie les domaines clés nécessitant une attention approfondie à court terme (période de la NSI) et à long terme (prochaine période de la SAP 2015) afin de soutenir les efforts de calibration des capacités de la BM à comprendre, suivre et s’engager en termes de risques, ainsi que ses capacités à capitaliser sur les opportunités qui se présentent.

Le TDRP a soutenu la préparation de l’étude, et une mission s'est donc rendue au Mali en février et mai 2013 en appui à sa réalisation. La première mission était consacrée à l’évaluation de l’équipe malienne et au lancement de l'étude. La deuxième a consisté en consultations avec les parties prenantes au moyen d’ateliers afin de valider les premiers constats de l’étude auprès de représentants du Nord du Mali, ainsi que des autorités locales. Le résultat de l’étude a fait l’objet d’une discussion avec la Direction générale de la Banque mondiale au cours d’une réunion, fin juin 2013. Le rapport contribue à l'ensemble des travaux analytiques qui seront essentiels pour l'élaboration de la stratégie d'avenir du Mali.


 

Données pays
Mali
Population (millions) 14,9
Espérance de vie (années) 54
Superficie (milliers de km2) 1,240,192
Revenu national brut par habitant (dollars US courants) 660
Croissance du PIB (% annuel) -1.2
 Indicateurs mondiaux de développement
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