Programme transitionnel de démobilisation et réintégration
Somalie
Somalie
 
Dossier pays :

Au cours de l’histoire, la Somalie s’est trouvée divisée en trois régions hétérogènes – le Somaliland, le Puntland et le Centre et Sud du pays, dont l’évolution a été marquée par des luttes fratricides. Suite à la chute du régime de Siad Barre (1969-91), le pays s’est enfoncé dans une guerre civile aux effets  dévastateurs : le produit intérieur brut (PIB) par habitant et les indicateurs de développement humain sont à présent parmi les plus bas au monde. Suite à une transition fragile mais positive au milieu de l’année 2012, le Gouvernement fédéral complet de la Somalie à Mogadiscio s’est engagé dans un processus de non-exclusion, de réconciliation et de paix sur la base d’une constitution provisoire. De nombreux observateurs qualifient cette transition de réelle rupture avec le passé et de meilleure opportunité de stabilité que ce pays fragmenté ait connue depuis les deux dernières décennies. La Conférence pour un New Deal en Somalie qui s’est tenue à Bruxelles en septembre 2013 représente une étape clé pour le pays et constitue un nouvel engagement international plus ferme et plus durable aux côtés du pays.

L’effondrement de la nation a sapé les prestations de services élémentaires et a eu un grave impact sur les résultats du développement humain. Sur 170 pays, la Somalie figure parmi les cinq pays les moins développés, selon le classement 2012 de l’Indice de Développement Humain. La prééminence de systèmes de tradition clanique inhibe toute cohésion sociale, et des pratiques traditionnellement généralisées telles que la polygamie, le mariage forcé à un âge précoce, ainsi que l’exclusion des femmes de toute opportunité d’éducation et d’emploi ont pour conséquence des indicateurs d’égalité des sexes parmi les pires au monde. Avec plus de 70 % de la population ayant moins de 30 ans, la Somalie est une nation jeune avec d'énormes besoins en termes de développement. Besoin encore plus urgent, la sécurité alimentaire. Associé au déplacement de vastes pans de la population, le manque de sécurité alimentaire se solde par une crise humanitaire qui se répand dans toute la région.

L’économie de la Somalie s’est formée par le conflit dont elle s’est nourrie. L’aide extérieure (essentiellement humanitaire) et les transferts de fonds sont les principales sources de revenu mais celui-ci n’est ni durable ni investi dans l’effort de développement. L’Aide publique au développement (APD) est de 75 $US par habitant (aide humanitaire et au développement), le double de la moyenne des États fragiles, située généralement autour de 36 $US par habitant. L’autre grande source de revenu est le transfert de fonds, estimé à 1 milliard $US (110 $US par habitant), c’est-à-dire 35 % du PIB, le taux le plus haut au monde. L’état de déréglementation de l’économie a permis au secteur privé de croître, bien que  cette croissance soit entachée par le monopole des sources de revenu par une élite, souvent des cartels liés aux milices. L’élevage est le pilier de l’économie : il représenterait environ 60 pourcent des opportunités d’emploi dans le pays et 40 % de son PIB. L’exportation de bétail et de viande génère 80 % des devises étrangères. Les régions autonomes du Somaliland et du Puntland ont réussi à développer des processus et des structures basiques d’administration publique. Dans le Somaliland, les recettes intérieures ont doublé en 2011, mais dans le Puntland, la gestion et le recouvrement de l’impôt sont à un stade embryonnaire.

Ces 20 dernières années ont vu échouer de nombreuses tentatives d’instauration de la paix et de réconciliation nationale en Somalie. À ce jour, aucune vision nationale consensuelle du pouvoir et du partage des richesses n’a été atteinte. Dans les quatre années à venir, alors qu’elle finalise sa constitution permanente et se prépare à des élections nationales pour l’année 2016, la Somalie risque de continuer à être confrontée à l’instabilité, tandis qu’apparaissent de nouveaux facteurs de stress. L’élection en août 2012 du président Hassan Sheikh et la formation du Gouvernement ont ravivé les espoirs de voir le pays passer d’un état fragile à une stabilité durable et une gouvernance améliorée. Le Président et son Gouvernement ont embrassé le New Deal dans l'élaboration d’une Convention sociale inclusive qui précise les priorités essentielles nécessaires à la stabilité et au développement économique durable du pays. Des événements prometteurs dans la sphère politique s’accompagnent de victoires militaires significatives dans le Sud du pays, bien que ces victoires restent fragiles. Le nouveau Gouvernement fédéral a cependant le soutien croissant de bailleurs susceptibles d'augmenter leur aide pour des activités de construction de la paix et de l’État sous cette Convention sociale au cours de l’année à venir.

 

Les activités du TDRP

À la demande du département de la paix et la sécurité (DPS) de l’UA, le TDRP a préparé et participé en juin 2013 à une évaluation des besoins de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) et du Gouvernement fédéral de Somalie (GFS) dans le contexte du Programme national pour le traitement et la gestion des combattants démobilisés (NDP) et de la résolution 2093 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour l’avenir, le GFS a présenté la stratégie nationale et le programme relatif au traitement des combattants démobilisés. Cette stratégie comprend la séparation des fonctions de réception, de transition et de réhabilitation.

Le TDRP continuera de proposer son soutien par une assistance technique via le partenariat UA-ONU-TDRP / Banque mondiale et le projet de renforcement des capacités en cours au sein du DPS de l’UA.


 

Données pays
Somalia
Population (millions) 10,84
Espérance de vie (années) 54
Superficie (milliers de km2) 637,657
Revenu national brut par habitant (dollars US courants) 150
Croissance du PIB (% annuel) -1.5
Indicateurs mondiaux de développement
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