Programme transitionnel de démobilisation et réintégration
République du Sud-Soudan
South Sudan
 
Country Brief:

La République du Soudan du Sud est devenue, le 9 juillet 2011, la plus jeune nation du monde et le 55e pays africain, suite au référendum de janvier 2001. Ce dernier faisait partie de l'Accord de paix global de 2005 (APG) signé par le Gouvernement de la République du Soudan et le groupe rebelle alors basé au Sud, l’Armée du mouvement populaire de libération du Soudan. Cet Accord intervenait enfin après des décennies de conflit.
En tant que nouvelle nation sans tradition d’institutions, de règles ou d'administration formelle considérées comme légitimes par sa société, le Soudan du Sud doit bâtir ses institutions ex nihilo. Les structures administratives centrales et les mécanismes de représentation politique commencent à peine à se faire jour, et le Gouvernement a encore du mal à fournir à sa population les services élémentaires. Mises à part quelques enclaves pétrolières, le Soudan du Sud demeure une économie de subsistance relativement sous-développée.

Ses ressources naturelles sont vastes et largement inexploitées, et les opportunités d’amélioration visible de la qualité de la vie de sa population sont nombreuses, malgré bon nombre d’obstacles. Grand pays (environ la taille de la France), le Soudan du Sud comporte une population peu dense composée de plus de 200 ethnies qui n’ont guère la notion d’une nation partagée. Le Soudan du Sud est le pays le plus dépendant du pétrole au monde, avec des exportations pétrolières représentant la quasi-totalité des exportations et environ 80 % du produit intérieur brut (PIB), directement et indirectement. Le 27 septembre 2012 à Addis Abeba, un accord a été signé entre Juba et Khartoum sur le mécanisme de mise sur le marché du pétrole. Cet accord a soulevé un espoir de reprise de la production pétrolière début 2013. Cependant, des dissensions quant au mode de mise en œuvre de l’accord ont mis celui-ci au point mort jusqu’à la mi-mars 2013. Les deux pays ont alors convenu d’une matrice de mise en œuvre de l’accord. Cette dernière a renouvelé l’espoir de voir à nouveau couler à flots le pétrole du Soudan du Sud avant la moitié de l’année 2013.

Le Gouvernement du Soudan du Sud, avec le soutien des partenaires de développement, s’est sérieusement attelé au développement du Sud-Soudan (appelé ainsi à l’époque) après la signature de l’APG en juillet 2005. Mais la tâche s'est avérée un énorme défi. Le pays était alors pratiquement dénué de route ou d'infrastructure d’eau, et aucune route pavée aux abords de la capitale, Juba. Les structures de prestation de services étaient quasiment inexistantes. Malgré les réussites substantielles des sept dernières années, les obstacles au développement auxquels est confrontée la jeune nation demeurent importants. Le tribut dû à une guerre civile de 20 ans est lourd et laisse le Soudan du Sud dans un état d’appauvrissement avancé. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, et les indicateurs de développement humain sont parmi les plus bas au monde.

 

Les activités du TDRP

Le TDRP est un partenaire actif de la Commission nationale de DDR du Soudan du Sud (CNDDR) dans le pilotage du nouveau programme de DDR du pays. L’ensemble de ce programme vise à améliorer la stabilité et la prospérité dans le pays en facilitant le retour à une vie civile productive pour les anciens membres des Forces nationales organisées. Pour garantir une conception de qualité adaptée au contexte et besoins du Sud-Soudan pour l'ensemble du programme, le Gouvernement a décidé de commencer par un pilote qui permettrait d’intégrer les enseignements tirés au fur et à mesure, avant d’étendre le programme à la totalité des dossiers.

Le TDRP collabore étroitement avec la CNDDR à la préparation du nouveau programme depuis 2011, apportant une aide technique axée sur la réintégration et assistant tout particulièrement la CNDDR avec le Projet pilote de réintégration actuellement en cours. Dans ce cadre, le TDRP s’occupe actuellement de 1) tester les modalités de réintégration du DDR pour le nouveau programme national du pays, 2) renforcer les capacités des systèmes et du personnel de la Commission nationale de DDR, 3) gérer les finances du programme pour les services de réintégration de cette phase pilote initiale et 4) instaurer un Système d'information, de conseil et d'orientation (ICRS).

Projet pilote de réintégration de la CNDDR du Soudan du Sud

Contexte : Le projet pilote de réintégration fait actuellement l'objet de l'assistance technique fournie par le TDRP au Sud-Soudan dans le but de tester les modalités de réintégration du DDR et d'en tirer les enseignements pour le Programme national complet. Ce projet pilote est conçu pour améliorer le mode de subsistance des ex-combattants tout en facilitant leur réintégration socioéconomique, grâce à des formations de suivi et à la distribution de kits de démarrage, tout cela associé à des projets de soutien communautaire, un renforcement des capacités et un suivi et évaluation. 

La réintégration est une composante au cœur de l’ensemble du processus de DDR, tel que le souligne la politique de DDR du Soudan du Sud. Dans le pays, le DDR est conçu pour une durée d’un an qui comprend une phase de réinsertion dans un centre de transition suivie de six mois de services de réintégration et enfin, trois mois de suivi, de conseils et d'orientation par le personnel de la CNDDR. En avril 2013, le premier groupe d’ex-combattants a été pris en charge au centre de transition de Mapel, où ces derniers ont pu suivre des formations en compétences de base et professionnelles, ainsi que des cours d’alphabétisation et de calcul. Au cours des dernières semaines passées dans le camp, le projet pilote a fourni aux ex-combattants du centre des cours en matière d’entreprenariat, de gestion financière et de coopérative axés sur des compétences applicables, ceci afin de les soutenir dans leur phase de réintégration. En septembre 2013, la première promotion pilote de 290 anciens soldats est sortie du centre de transition de Mapel et les ex-combattants (XC) sont retournés dans leur communauté.  Au sein des communautés de réintégration, le projet pilote a fourni une aide à la subsistance au moyen de formations sur l’entreprenariat et les coopératives, ainsi que de kits pour aider les ex-combattants à démarrer une activité de subsistance durable dans le domaine de la formation professionnelles reçue. Des projets de soutien à la communauté et des formations sur les coopératives aux côtés des ex-combattants ont également été mis en place.

Outre les efforts sur la prestation de services faisant partie du projet pilote de réintégration, un travail est aussi accompli en matière de renforcement des capacités des systèmes et du personnel de la CNDDR depuis juin 2013. Un modèle d’encadrement est utilisé à ces fins. Des formations de groupe ont été également dispensées au personnel du siège de l’Unité de gestion du projet, ainsi qu’au personnel de la DNDDR des quatre états du Grand Bahr El Ghazal.  Ces formations étaient axées sur la gestion de projet et concernaient des compétences en planification, évaluation, enseignements, S&E et gestion.  

Les quatre composantes du projet pilote de réintégration sont les suivantes :

Renforcement des capacités institutionnelles
Réalisé au moyen du développement des systèmes, ainsi que par la formation et l’encadrement du personnel de la CNDDR au sein de l’Unité de gestion du projet et dans les bureaux des quatre états. Ce renforcement comprend également la mise en œuvre du Système d'information, de conseil et d'orientation (ICRS) en cours d’élaboration par la CNDDR depuis le début de l’année 2012.

Suivi et évaluation
La composante de S&E est axée sur le développement des systèmes de S&E de la CNDDR. Il s'agit d'établir un système indépendant permettant d'effectuer le suivi des réussites et avancées du projet, de fournir des informations mises à jour afin d’orienter la prise de décision, de détecter les problèmes au fur et à mesure qu'ils se présentent, d'évaluer l'impact global du projet et d'identifier les enseignements pour en informer la CNDDR.

Soutien à la subsistance
Les ex-combattants peuvent participer à des activités de soutien à la subsistance. Celles-ci comprennent des formations fondamentales telles que la gestion d'entreprise et de coopérative durant le séjour dans le centre de transition, des kits de démarrage d'activité de subsistance et des formations de suivi et de soutien à ce type d'activité.   

Projets de soutien à la communauté de DDR 
Il s’agit d’un soutien ciblé pour les communautés comportant une forte concentration d’ex-combattants. Ces projets de soutien à la communauté consistent généralement en projets relatifs aux puits de forage pour l'eau dans les communautés choisies. La mise en place de ces projets se structure autour de mécanismes participatifs et de comités communautaires. Les membres de ces comités représentent une variété de parties prenantes et sont formés et encadrés pour identifier, aux côtés de leurs communautés, les meilleures modalités d’exécution.

Globalement, le projet pilote soutient la Commission nationale du DDR du Soudan du Sud (CNDDR) dans la poursuite du développement de modalités efficaces et durables pouvant être étendues et appliquées au nouveau programme de DDR du pays. Le projet pilote permettra aussi de tirer des enseignements pouvant être intégrés dans les futurs programmes de DDR et d’instaurer un système de Gestion de la réintégration au sein du DDR qui pourra être utilisé au-delà de la phase pilote.

Les partenaires d’exécution

Adam Smith International / INTEGRITY (renforcement des capacités / suivi et évaluation), UNICON International (soutien aux activités de subsistance) et OIM (projets de soutien à la communauté).

Élaboration d’un système d'information, de conseil et d'orientation (ICRS)

Le TDRP fournit également une assistance technique à la CNDDR grâce à un système d'information, de conseil et d'orientation unique et stimulant (ICRS). Ce travail a consisté dans le développement d’un logiciel et d’une base de données, ainsi que dans une formation importante et un renforcement des capacités du personnel en charge de l’ICRS à la CNDDR, du S&E et de l‘informatique. L’ICRS comprend à présent des parties dédiées : à l’inscription, aux données de l’enquête initiale de référence sur les XC, aux données de formation du centre de transition, au suivi des kits de démarrage, aux services de conseil et d’orientation et au recensement des opportunités. Les informations sont ensuite mises à la disposition du personnel de la CNDDR via le reporting ou l’accès par interface. Elles sont utilisées par les agents de l’ICRS afin de faciliter les conseils aux XC relatifs aux activités de subsistance et sont également disponibles pour la CNDDR dans le cadre de la gestion et du suivi et évaluation du programme.  

Les consultants du TDRP, en coordination avec la CNDDR et le BICC, ont dispensé plusieurs sessions de formation au personnel de la CNDDR. 

Début avril, les consultants du TDRP ont présenté le logiciel et proposé une formation lors d’un atelier de trois jours avec les agents de l’ICRS de la CNDDR, en préparation des inscriptions devant commencer le 15 avril 2013. L’équipe du TDRP a également œuvré aux côtés du directeur et des agents de l'ICRS pour préparer le système et le processus d’inscription au centre de transition de Mapel.
Le TDRP a dispensé une formation similaire pour l’enquête initiale de référence sur les XC et fourni des tutoriels vidéo et un encadrement en ligne pour les parties consacrées au recensement d’opportunités.  Les tutoriels ont été très utilisés par les agents de l’ICRS, et le TDRP est actuellement en train d’en créer pour toutes les parties du système. De plus, ce dernier a organisé une formation sur les parties de conseil et d’orientation et a proposé des tutoriels vidéo sur les capacités additionnelles du système. 

Le développement d’un tel système nécessite d’importants efforts sur le plan technique. Le consultant technique du TDRP a effectué une évaluation et une validation du matériel, du réseau, des serveurs, de la largeur de la bande passante et de la connectivité réseau, une évaluation des besoins en suivi de données, des systèmes et de l’aptitude. Des efforts supplémentaires ont été fournis pour garantir la vérification des données et la mise à jour du logiciel requise. Aux côtés de BICC et de la CNDDR, il a également initié la construction d’une architecture de capture de données d’inscription comprenant des informations à la fois biographiques et biométriques des ex-combattants.

Manuel opérationnel pour la mise en œuvre de la réintégration (RIOM)

Le TDRP fournit une assistance technique à la CNDDR depuis 2011. Un travail conséquent a été accompli depuis lors, qui comprend une récente contribution sous forme d’une version préliminaire d’un Manuel opérationnel pour la mise en œuvre de la réintégration (RIOM). Ce travail par le TDRP date de juin 2012. Il a contribué de façon significative à la conception du projet pilote de réintégration et a fourni la base du manuel de l’Unité de mise en œuvre du projet actuellement en cours d’élaboration. 


 

Données pays
Democratic Republic of Congo
Population (millions) 10.84
Espérance de vie (années) 54
Superficie (milliers de km2)) 619,745
Revenu national brut par habitant (dollars US courants) 790
Croissance du PIB (% annuel) -47.6
Indicateurs mondiaux de développement
↑ haut de la page
LIENS RAPIDES